Loin de moi l'envie d'éplucher des nounours
Vivant ma vie, je déçois des pastilles
Bleues comme le froid, froides comme une source
Une source tarie, t'as rigolé devant tes lentilles

La belle nuit bleue de tes yeux se reflète dans mon slip
Endives, merguez et pois chiches se rebellent infiniment
La belle princesse se déflore devant Brad Pitt
Et Mamie ratiboise large dans des jardins élégants.

Depuis peu, des comètes se maintiennent dans le ciel obscure de tes rêveries limpides
Des comètes pastelles aux reflets de menthe et de thym juvénile
Loin est la belle, loin est l'abeille qui se touchent au bord du vide
Ta maman suce mais ne se rend pas, cela la rend virile

Demain est un autre jour, mamie est une autre armoire
Armoire  à jeter, armoire à pleurer, j'ai pleuré dans le noir
Dans le noir de mes souvenirs, quand les cochons de désespoir
Esclaffaient des mirettes en soupirant leur cafard.

Toi, tu ne me regardes qu'en sodomisant un caniche nain
Tu ne prends du plaisir qu'en dominant des animaux
Toi, tu ne m'aimes que parce que j'ai trois mains
Et que ma grande Tante se prénommait Pablo

(Et avait du poil au pattes).

La morale de cette histoire, c'est que tant que la cruche est vide
Elle ne se casse pas
Mais que si l'ours y vend sa peau et ta mamie ses rides
Il vaut mieux courir que marcher au pas.

Denise Richard

Fables de la prison magique bleue et  heureuse
2005-1805
Editions Gaylord Chesnay