Cher Papy Brossard,

La vie, c'est l'espace.
L'espace entre deux être, l'amour, les cheveux qui se tressent lorsqu'on y entortille ses doigts, avec un sourire mutin.
L'amour, c'est la correspondance passagère entre deux être de la même couleur d'âme, puissante et inutile, enivrante et juxtaposée.
La correspondance, c'est un peu ce blog, c'est un peu la vie, c'est un peu l'espace.
C'est beaucoup ta mamie.

Car ta mamie, vois-tu, chaque jour de la semaine, de 6h à 22h, je la bourre de coups. Je la bourre, je la bourre, je la bourre de coups.
Au début elle pleurait un peu. Aujourd'hui, elle a acheté trois chiens et se fait appeler Victor.

Hier, j'ai revu Fabrice. Il ne va plus au cours de poterie depuis que ses ongles sont devenus des endives de porc. Il est très triste mais n'aura plus jamais faim. Quel salaud celui-là !
Tu sais bien que moi et le chat de tata Pauline, c'est un peu comme un slip en hiver : si je ne l'enfile pas le matin, j'ai froid dans mon intégrité l'après-midi.
C'est d'ailleurs pour cela que l'on dit encore aujourd'hui : " tel est pris qui mal apprendre ".
Enfin, je crois.

Je reviens du marché, je n'ai pas pu m'empêcher de faire quelques courses.
Des courses de poney. DE PONEY !
ET TOI TU T'IMAGINAIS QUE J'AVAIS DIT OUI AUX LOUTRES LOL LOL LOL
Je ris.

Je ris car je m'amuse.
Ce blog est un peu l'espace entre les choses. Cet espace ténu qui se rétrécit à chaque coups de buttoir du destin dans la grande échancrure de la vie. Cette métaphore doit probablement être érotique. Erotique. Erotique.

Il n'y a plus rien. Plus plus rien. L'idiome et la syntaxe n'ont jamais été que les corollaires de la fin de tout, du début de rien, nous en vivrons, nous en mourrons sans doute, mais nous rajouterons toujours un peu de sauce dans notre boeuf bourguignon, tant qu'il y aura de la sauce, et tant qu'il y aura du boeuf bourguignon.

L.S.D.
Lépreux Sodomites Unijambistes.
Plus jamais ça.
Plus jamais...




Georges Marchais.