Alors ça y est ? Tu es revenu ? Tu es revenu ? Alors ça y est ?

Alors chaussette ? Tu ne démords pas tes grands yeux bleux et quand le lys se fait plus tendre tu entreprends la vie comme une tonnelle de fleurs arboricoles. Multiples et variées, telles des pivoines de l'an 2012.

Longtemps nous nous sommes dit qu'il fallait aller plus loin. Longtemps nous nous sommes murmuré des choses à l'oreille mais Francis Lalanne était entre nous deux, et il faisait des trucs bizarres avec sa bouche qui te faisaient peur. Je me souviens, non sans émotion, de ces petites filles péruviennes qui venaient nous vendre des nougats sur la plage de Lumba-Lumba. Tu avais mis ton tailleur cuir intégral, et on ne voyait que toi sur la plage. Quand le reflet du soleil s'étalait de tout son stupre sur ta peau halée comme le jambon éternel.

Je pleure de ne pouvoir revivre ces moments farouches et intriguants. Je pleure de ne pouvoir me dire que demain c'est demain, et aujourd'hui c'est maintenant. On a laissé le temps passer et on s'est regardé dans les oreilles en tournant. Pendant ce temps là, tu fumais des herbes de Provence, et moi je composais une nouvelle comédie musicale.

Mais tout ceci n'a plus vraiment sens maintenant. Maintenant que je suis revenu, et que tu es partie. Maintenant que nous ne sommes plus l'un et l'autre que des morceaux de placoplâtre dénudés dans le silence éternel d'un pavillon lointain. Tu me parles mais je ne t'écoute  pas. Tu m'écris mais je ne te lis pas. Tu t'épiles mais je ne prends pas feu.

La tristesse pourrait être un point de ponctuation de cette histoire. Mais je préfère me dire que non, finalement. Tout ceci n'est que mousse de porc et gencive de huit-huit bolognaise.

Je reviens doucement en toi, tel papy sortant de sa R6. J'espère que tu comprendras pourquoi je voterai Nestor Burma en 2012.

 

Ton tendre complice,

 

Galette de blé.